Du 14 au 16 avril 2026, s’est tenue à l’hôtel Radisson Blu d’Abidjan, le Digital Rights and Inclusion Forum édition 2026 ( DRIF26) organisé par Paradigme Initiative (PIN) sous le thème « Construire des avenirs numériques inclusifs et résilients ». Outre les nombreux panels qui ont porté sur tous les sujets en lien avec l’inclusion numérique, ce forum a été l’occasion de la publication d’un important rapport de Paradigme Initiative dénommé Londa Report sur la situation de l’nclusion numérique dans le continent, ainsi que la projection en avant-première d’un film portant sur l’inclusion numérique intitulée « Le Signal ».

Pendant 3 jours, des participants venus des quatre coins du continent et d’autres parties de la planète, on échangé sur les enjeux de l’inclusion numérique à travers des thélatique variées et instructives. Chaque panel a été suivi de discussions enrichissantes avec des recommandations pour améliorer l’inclusion et les libertés numériques sur le continent.
Présentation officielle du rapport Londa 2025

La présentation officielle du Rapport Londa a été un des moments clés de ce forum. Le rapport LONDA, publié annuellement par Paradigm Initiative (PIN), est une étude de référence sur l’état des droits numériques et l’inclusion en Afrique. Il dresse un bilan exhaustif (couvrant des dizaines de pays) des violations, des progrès et des actions à mener pour garantir un environnement numérique juste pour tous.

Pourquoi Londa?
Le nom Londa, d’origine zouloue, signifie « protéger » ou « défendre », reflétant l’objectif de plaidoyer du document. Le rapport compile des dizaines de rapports nationaux rédigés par des chercheurs africains spécialisés dans les droits numériques. Il recense les violations des droits numériques, documente les atteintes à la liberté d’expression, les coupures d’Internet, la surveillance de masse et les lois restrictives. En matière d’Inclusion numérique, le rapport Londa met également en lumière les inégalités d’accès au web et le coût humain de l’isolement numérique. En termes de recommandations, il propose des solutions concrètes adressées aux gouvernements, au secteur privé, à la société civile et au monde universitaire pour bâtir une infrastructure numérique durable.

Loin d’etre une étude uniquement critique, le rapport Londa sert de référence pour évaluer les performances et formule des recommandations essentielles pour améliorer l’espace numérique. Selon Paradigme Initiative, grâce à la communauté des droits numériques et de l’inclusion, des progrès significatifs sont réalisés dans certains pays africains pour réduire la fracture numérique. Le rapport salue également les évolutions positives observées dans ce domaine.
Une édition 2025 du rapport Londa qui comprend 29 rapports
L’édition 2025 du rapport Londa LONDA comprend 29 rapports nationaux sur des pays africains, rédigés par des chercheurs africains spécialisés dans les droits numériques. Ces rapports mettent en évidence les principales évolutions et formulent des recommandations. Selon Paradigme Initiative, les recommandations de Londa s’adressent à un large éventail de parties prenantes, notamment le secteur privé, la société civile, les gouvernements, les médias et le monde universitaire. En mettant en œuvre ces recommandations et en collaborant, les parties prenantes peuvent bâtir un environnement numérique solide et durable en Afrique, où chacun pourra exercer ses droits en ligne.
Des recommandations importantes dans le domaine de l’inclusion numérique
Dans le domaine de l’inclusion numérique, le rapport recommande d’étendre l’accès abordable à Internet. Il appelle les gouvernements africains à investir davantage dans les infrastructures numériques, notamment la fibre optique et les réseaux ruraux, afin de réduire la fracture numérique entre zones urbaines et rurales. Il recommande aussi une meilleure utilisation des fonds de service universel pour connecter les populations marginalisées. En outre, le rapport recommande de renforcer la protection des données personnelles et de la vie privée. LONDA 2025 demande également l’adoption et surtout l’application effective de lois sur la protection des données et la cybersécurité, tout en évitant les dérives de surveillance de masse et les atteintes aux libertés fondamentales. Il appelle les gouvernement à limiter les coupures d’Internet et la censure en ligne. Il recommande aux États de respecter les standards africains et internationaux sur la liberté d’expression et l’accès à l’information, et à mieux protéger les journalistes, défenseurs des droits humains et utilisateurs en ligne.
Paradigm Initiative recommande d’éviter les lois vagues sur la cybercriminalité qui peuvent servir à réprimer les médias, les militants ou les opposants politiques. Le rapport appelle les gouvernements à promouvoir l’inclusion des groupes marginalisés. Il insiste sur l’accès numérique pour les femmes, les jeunes, les personnes handicapées et les populations rurales, notamment via des programmes de formation aux compétences numériques et un accès moins coûteux aux outils technologiques.
LONDA recommande également une collaboration plus étroite entre gouvernements, société civile, secteur privé, médias et universités afin de construire des écosystèmes numériques plus responsables et résilients.
Face à l’utilisation de plus en plus importante de l’IA, le rapport souligne la nécessité d’établir des règles claires sur l’intelligence artificielle, la désinformation et les plateformes numériques afin de protéger les droits fondamentaux tout en favorisant l’innovation.

Le film « Le Signal »
Le Signal est un court-métrage produit par Paradigm Initiative. Il explore les conséquences humaines et la réalité cachée de l’exclusion numérique dans les communautés rurales isolées. Le film illustre la douleur de se sentir invisible et marginalisé dans un monde hyperconnecté lorsque l’innovation technologique précède l’accès aux infrastructures de base. Le film s’inspire des conclusions du Rapport Londa 2024 sur les droits numériques et l’inclusion en Afrique. Une projection en avant-première a eu lieu lors du DRIF tenu récemment à Abidjan. Une projection en ligne en première a eu lieu le 22 mai par zoom.

Amadou Garé
