Selon une étude menée en février 2026 et publiée le 11 mai 2026, par l’Organisation internationale des Migrations (OIM) et intitulée « Enquête sur les intentions futures des personnes déplacées internes » dans la région de Maradi ( Centre-Est du Niger), 98% des ménages interrogés ont l’intention de rester sur les lieux de déplacement actuels.
Selon l’OIM, « Cette enquête vise à identifier les préférences des populations déplacées quant aux options de solutions durables, ainsi qu’à analyser les facteurs motivant leur choix et les implications potentielles qui en découlent. Les données collectées permettent de mieux orienter les stratégies de planification et de programmation en faveur de solutions adaptées au contexte et aux aspirations des communautés concernées ».
Analyse des résultats
Les principaux résultats de l’enquête mettent en exergue selon l’OIM, une forte tendance en faveur de l’intégration locale, qui représente 98 pour cent de l’échantillon total, contre 2 pour cent exprimant l’intention de retourner dans leur localité d’origine. « L’analyse chronologique des déplacements montre que parmi les personnes enquêtées, 72 pour cent se sont déplacées entre 2023 et 2025, principalement à la suite des attaques de groupes armés non-étatiques (GANE) dans les communes frontalières avec le Nigéria » indique l’organisation. Au total, 2 pour cent des ménages ont été déplacé avant 2018, 2 pour cent en 2018, 1 pour cent en 2019, 5 pour cent en 2020, 5 pour cent en 2021, 13 pour cent en 2022, 20 pour cent en 2023, puis 33 pour cent en 2024 et 19 pour cent en 2025.
Les conclusions
L’OIM explique que « Le choix majoritaire de l’intégration locale s’explique principalement par la persistance du sentiment de sécurité dans les localités de déplacement et par le manque d’opportunités socio-économiques dans les localités d’origine ».
« Cependant, dit organisation, le choix de l’intégration locale pose également plusieurs défis, notamment en matière d’accès aux moyens de subsistance, aux opportunités économiques et à la cohésion sociale avec les communautés hôtes ».
Selon l’OIM, la gestion des personnes déplacées internes constitue une préoccupation majeure du gouvernement nigérien. « Après plusieurs années de déplacements prolongés, il apparaît nécessaire de réorienter les interventions vers les trois options de solutions durables au déplacement, à savoir : le retour volontaire dans la localité d’origine, l’intégration locale sur le lieu de déplacement et la réinstallation dans une autre localité » préconise l’organisation.
Dans cette perspective, que ce même type d’enquête a été menée en 2025 dans les régions de Tahoua et Diffa, en collaboration avec le ministère de la Population, de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale, et avec l’appui technique et financier de l’OIM, avec des intentions favorables à l’intégration locale au-delà de 81%.
Amadou Garé
Photo d’illustration: camp de déplacés de Ouallam. Crédits: Amadou Garé
