L’Union Africaine a rendu publique un communiqué relatif aux événements intervenus dans la nuit du vendredi à samedi dernier à Niamey avec la mutinerie qui a mis en émoi l’ensemble de la population du pays. Après avoir condamné l’attaque qui a visé le régime en place à Niamey, l’UA a réaffirmé sa disponibilité à accompagner le Niger pour ses efforts de paix, et pour un retour à l’ordre constitutionnel normal.
Ainsi, dans ce communiqué, le Président de la Commission de l’Union africaine, S.E. Mahmoud Ali Youssouf, dit avoir suivi « avec préoccupation la situation au Niger à la suite des graves événements survenus dans la nuit du 28 au 29 août 2026 à Niamey, marqués par des affrontements armés et des attaques contre plusieurs sites sensibles de la capitale, ayant fait des victimes et causé d’importants dégâts matériels ».
Il « condamne fermement le recours à la violence et toute tentative de prise du pouvoir par la force. Il appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de retenue et à préserver la sécurité des populations ainsi que la stabilité du pays ».
Le Président de la Commission réaffirme « l’engagement de l’Union africaine aux côtés du peuple nigérien en faveur de la paix, de la stabilité et de la cohésion nationale. Il réitère également la disponibilité de l’Union africaine à accompagner les efforts visant au retour à l’ordre constitutionnel, conformément aux instruments pertinents de l’Union africaine ».
Le Président de la Commission annonce qu’il continuera de suivre attentivement l’évolution de la situation au Niger et réaffirme la disponibilité de l’Union africaine à contribuer aux efforts en faveur de la paix et de la stabilité au Niger et dans la région du Sahel.
Ce geste de solidarité et cette main tendue de l’UA recevront-ils un accueil favorable du coté du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie ( CNSP) au pouvoir depuis le renversement du président démocratiquement élu Mohamed Bazoum le 26 juillet 2023 ? Rien n’est sûr. En effet, après la dissolution des partis politiques et l’élaboration d’une charte de la transition, des partisans du régime encouragent le CNSP à ne pas organiser des élections de sitôt. La question que l’on est en droit de se poser est celle de savoir si les derniers événements violents auront un impact sur l’agenda que les militaires se sont fixés à la tête du pays. Vont-ils durcir leur position où lâcher du lest et ouvrir la perspective d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel normal ? L’avenir nous le dira.
Amadou Garé
