La 17ᵉ Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) s’est achevée vendredi 28 août dans la capitale mongole sur un bilan contrasté. Pendant deux semaines, près de 200 pays ont négocié autour d’un défi devenu mondial à savoir comment enrayer la dégradation des terres et renforcer la résilience des populations face à des sécheresses de plus en plus fréquentes et sévères.

Placée sous le thème « Restaurer les terres. Restaurer l’espoir », la COP17 a surtout voulu passer des engagements aux réalisations concrètes. Les parcours et les terres pastorales ont ainsi occupé une place centrale dans les discussions, une première à ce niveau dans l’histoire de la Convention. Ils couvrent environ 54 % des terres émergées et constituent la base des moyens d’existence d’environ 2 milliards de personnes, dont quelque 500 millions de pasteurs.
Une annonce d’1 milliard de dollars pour les parcours
L’une des principales annonces de la conférence est le lancement de la Rangelands Flagship Initiative, qui prévoit de mobiliser 1,2 milliard de dollars pour 45 projets consacrés à la restauration et à la gestion durable des parcours. L’initiative entend notamment soutenir les communautés pastorales, améliorer la santé des écosystèmes et renforcer la résilience des territoires face aux changements climatiques.
La Mongolie a également porté son Steppe Action Agenda, articulé autour de plusieurs initiatives internationales consacrées aux parcours, au lien entre l’eau et les terres et aux solutions fondées sur la nature.
Des annonces de financements, mais encore loin des besoins
La conférence a par ailleurs été marquée par plusieurs annonces financières. Un portefeuille d’environ 1,3 milliard de dollars de financements pour la restauration des terres et la résilience à la sécheresse a été annoncé pour 23 pays. La Banque asiatique de développement a, de son côté, annoncé 2 milliards de dollars supplémentaires pour la restauration des terres dans la région Asie-Pacifique.
La COP17 a également lancé le Drought Resilience Investment Facility, un mécanisme destiné à mobiliser jusqu’à 400 millions de dollars pour soutenir des investissements dans l’agriculture durable, la gestion de l’eau et la prévention des effets de la sécheresse.
Mais ces annonces financières restent à mettre en perspective avec l’ampleur des besoins. Le déficit annuel de financement consacré à la restauration des terres et à la résilience face à la sécheresse est estimé à environ 278 milliards de dollars.
Pas de traité mondial sur la sécheresse
La COP 17 s’est tout de même achevée sur un échec majeur sur la question la plus attendue par de nombreux pays africains que la COP17 : le traité mondial sur la sécheresse. Ainsi, les États n’ont pas réussi à s’entendre sur l’élaboration d’un instrument juridiquement contraignant sur la sécheresse. Le dossier, déjà au cœur des débats de la COP16 de Riyad, est une nouvelle fois reporté. Il devra être repris lors de la prochaine COP de l’UNCCD, qui se tiendra en Égypte en 2028.
Cette absence d’accord constitue une déception particulière pour les pays africains, qui plaident depuis plusieurs années pour un cadre international juridiquement contraignant permettant de mieux anticiper et gérer les sécheresses plutôt que d’intervenir essentiellement dans l’urgence.
Le Sahel face à un défi majeur
Pour les pays du Sahel, le bilan d’Oulan-Bator apparaît donc à la fois comme une opportunité et comme une source de frustration. Les engagements en faveur de la restauration des terres, du pastoralisme et du financement de la résilience peuvent contribuer à renforcer les capacités des pays fortement exposés à la dégradation des terres. Mais l’absence d’un accord mondial sur la sécheresse laisse en suspens l’un des principaux enjeux auxquels sont confrontées les populations sahéliennes.
Au Niger, où la désertification, la dégradation des terres, la variabilité des précipitations et les difficultés liées à la mobilité pastorale constituent des enjeux majeurs, la question sera surtout de savoir dans quelle mesure les nouveaux mécanismes financiers annoncés à Oulan-Bator pourront effectivement bénéficier aux territoires les plus vulnérables.
Le fossé entre la promesse et la mise en œuvre
Au terme de la COP17, le message de la présidence mongole est clair : il faut désormais passer « des promesses à la mise en œuvre ». La conférence aura permis de renforcer la place des parcours et du pastoralisme dans l’agenda international, de créer de nouveaux mécanismes de financement et de mettre davantage l’accent sur la prévention des sécheresses.
Mais le véritable test de la COP17 se jouera après Oulan-Bator : dans les champs, les pâturages, les zones arides et les communautés rurales. Car derrière les milliards annoncés et les décisions adoptées, une question demeure : les ressources promises arriveront-elles réellement jusqu’aux populations qui vivent au quotidien les conséquences de la désertification et de la sécheresse ?
C’est sans doute là que se mesurera, dans les prochaines années, le véritable succès ou l’échec de la COP17.
Amadou Garé
