L’architecte nigérien Elhadj Moussa ABOU est décédé la semaine derniere à Maradi ( centre du Niger). L’homme était connu comme le pionnier et le chantre de l’architecture durable. Son modèle de construction a révolutionné le secteur aussi bien au Niger que dans la sous-région. La méthode Abou c’est 70 % de matériaux locaux et seulement 30 % de produits importés. Ce qui a pour mérite de réduire de façon drastique les coûts de construction avec l’importation de produits ayant un impact sur l’environnement et le climat. En termes pratiques, cette méthode consiste à l’utilisation de matériaux locaux (latérite, banco, moellons, gravier, etc.) ; la construction sans coffrage ou avec un recours très limité au bois ; la réduction de la consommation de ciment (jusqu’à environ 50 %) et de béton ; la diminution du coût et du temps de construction (jusqu’à environ 50 % selon son inventeur) ; la meilleure isolation thermique grâce à une conception bioclimatique qui garde les bâtiments plus frais ; et la réduction de la déforestation et des émissions de gaz à effet de serre.
Le défunt a crée un nouveau genre de brique qui permet de construire des bâtiments en limitant considérablement l’utilisation du bois de coffrage habituellement utilisé dans les constructions au Niger.
Le succès de sa technique à permis à cet architecte de construire plus d’une centaine de logements sociaux à Niamey, ainsi que plusieurs dizaines de kilomètres de caniveaux. En 2013, il a décroché ka médaille d’or au Salon international des inventions de Genève. Régulièrement présent lors des conférences mondiales sur le climat ( COP), l’homme a toujours fait bonne impression relativement à son procédé écologique de construction.
Amadou Garé
