Le Niger, pays sahélien dont les 2/3 sont désertiques, fait face à une dangereuse avancée du désert qui met en péril les pratiques de bases à savoir l’Agriculture, l’élevage, tout en participant à l’assèchement des cours d’eau. Pour lutter contre ce fléau qui met en péril l’existence humaine, plusieurs techniques ont été élaborées et mises en œuvre depuis des années avec des rendements forts appréciables. L’un de ses rendements est la fixation des dunes. Une technique qui permet de freiner l’ensablement des champs, des pâturages et des cours d’eau.
En quoi consiste la fixation des dunes ?
Selon le Réseau des Chambres d’Agriculture du Niger ( RECA), « la fixation des dunes consiste à freiner le mouvement du sable en érigeant des palissades de 1 à 1,5 m de hauteur. Ces palissades sont des branches d’arbres (Prosopis juliflora, Balanites aegyptiaca ou de divers Acacia), de feuilles de palmiers et de tiges de Leptadenia pyrotechnica. Les obstacles doivent être parallèles entre elles et perpendiculaires à la direction des vents dominants. Si les vents viennent dans toutes les directions, il faut faire alors des palissades croisées. Les palissades doivent être entretenues jusqu’à ce que la végétation soit rétablie. Pour aider à la fixation, on peut déposer un léger branchage ou tout autre débris simplement sur le sable. Pour bien jouer son rôle, la palissade doit être perméable au vent (30 à 40 pour cent), afin de freiner sa vitesse. Elle doit former une accumulation de sable sans provoquer un phénomène tourbillon. Sa hauteur ne doit pas dépasser 1,5 m car la plupart (95 pour cent) du sable en mouvement se trouve dans les 30 premiers centimètres au-dessus de la surface du sol ».
L’objectif de la fixation des dunes est de permettre un développement de la végétation naturelle ou plantée sur ces dunes. Une action qui aura un double bénéfice à savoir, le développement de l’agriculture, et la disponibilité du pâturage pour les animaux.
Les différentes techniques utilisées
Le RECA explique que la technique de fixation de dunes se fait à travers plusieurs méthodes. La première est la fixation mécanique des dunes. Elle consiste à freiner le mouvement du sable en érigeant des palissades de 1 à 1,5 m de hauteur avec des branches d’arbres (Prosopis juliflora, Balanites aegyptiaca ou de divers Acacia), de feuilles de palmiers et de tiges de Leptadenia pyrotechnica. Pour être efficaces, les obstacles doivent être parallèles entre elles et perpendiculaires à la direction des vents dominants. Si les vents viennent dans toutes les directions, il faut faire alors des palissades croisées. Les palissades doivent être entretenues jusqu’à ce que la végétation soit rétablie. Pour aider à la fixation, on peut déposer un léger branchage ou tout autre débris simplement sur le sable. Pour bien jouer son rôle, la palissade doit être perméable au vent (30 à 40 pour cent), afin de freiner sa vitesse. Elle doit former une accumulation de sable sans provoquer un phénomène tourbillon. Sa hauteur ne doit pas dépasser 1,5 m car la plupart (95 pour cent) du sable en mouvement se trouve dans les 30 premiers centimètres au-dessus de la surface du sol.
Le second procédé est la fixation par la plantation de haie vive. Cette technique consiste à effectuer des plantations en ligne d’arbres ou d’herbes sur les dunes. Les dunes étant un milieu difficile pour les plantes, la plantation doit nécessairement tenir compte du choix des espèces pouvant s’adapter à ce milieu. D’où le choix des espèces d’arbres et d’herbes à planter notamment entre autres, l’Euphorbia balsamifera et le Leptadenia pyrotechnica.

Le RECA souligne que « l’Euphorbe est traditionnellement utilisée par les producteurs du Sahel comme haie vive pour délimiter les champs. Elle est aussi efficace pour la fixation des dunes mobiles. L’Euphorbe est adaptée aux conditions climatiques du désert. Elle a la capacité de se développer dans un sol pauvre et dans un milieu soumis à des variations importantes de température entre le jour et la nuit. Elle résiste à la sécheresse, aux vents violents, secs et chauds. Elle grandit, se ramifie rapidement et peut se régénérer facilement par bouture. Elle n’a donc pas besoin d’être arrosée. Leptadenia pyrotechnica est aussi utilisé, mais surtout au Mali ».
Quel bilan pour la fixation des dunes au Niger ?
Un rapport de l´Initiative Économie de la Dégradation des terres (ELD) écrit dans le cadre du projet « Inverser la dégradation des terres en Afrique par l’adoption à grande échelle de l’agroforesterie » a fait le bilan de la fixation des dunes au Niger sur la base de l’etude de la localité de Tilakaina ( région de Tillabery, sud-est du Niger). Ce rapport intitulé « Rentabilité de la fixation des dunes au Niger / Évaluation des opérations de fixation des dunes dans le Niger Est (terroir villageois de Kilakina) », produit en 2019 par TIDJANI Adamou Didier, Malam Assane, Maigari, Moustapha Aboubacar, Moustapha, Souley Yero, Kadidiatou, a mis en exergue L’étude est localisée à Kilakina dans le département de Gouré (Niger Est), la fixation des dunes est sous la double contrainte de la pression anthropique et du changement climatique. Malgré tout, selon le rapport, « les expériences passées sur la fixation des dunes ont démontré que la dégradation des terres ne constitue pas une fatalité, puisqu’il existe des techniques de restauration efficace. Les calculs coût-bénéfices en lien avec la fixation des dunes ont montré la forte rentabilité de l’investissement ».
Dans la pratique, les populations ne sont pas à l’initiative de la mise en œuvre de cette technique. Ainsi selon ce rapport, « on observe que les communautés n’autofinancent pas ces types d’action de fixation mécanique et biologique des dunes malgré les avantages socioéconomiques et environnementaux directs ou indirects multiples qui en découlent. Cette réticence pour la prise en charge entière de la fixation des dunes pour la protection des terres par les communautés elles-mêmes semble se justifier par le statut communautaire des terres à récupérer, qui empêche la mise en œuvre de toute initiative individuelle de restauration des terres ». « En effet, dit le rapport, les retombées directes à court terme tirées directement de la dune sont moindres, le gros des avantages issus de la fixation des dunes provenant de la préservation des avantages individuels tirés de la cuvette et des autres moyens de production. Il semble donc y avoir une situation classique de « tragédie des communs » qui empêche la fixation des dunes par les populations elles-mêmes ».
Des constats qui n’empêchent pas de relever l’efficacité de la méthode qui est pratiquée dans les toutes les zones dans lesquelles l’avancée du désert met en péril la pratique agriculturale et l’elevage.
Amadou Garé ( Source : RECA)
Images: Tidjani A D; ProDaf
