L’Union des journalistes de la presse libre africaine ( UJPLA) et Reporters Sans Frontières ( RSF), ont rendu public ce jour des communiqués relatif à la situation de la disparition inquiétante du journaliste nigérien, ancien correspondant de RFI, Moussa Kaka. RSF et l’UJPLA exigent d’une part des explications sur cette affaire, mais également que les droits du célèbre journaliste soient respectées par ceux qui le détiennent.
Selon une récente déclaration du ministre nigérien de la justice, Alio Daouda, interpellé par la Rencontre africaine pour la Défense des Droits de l’Homme ( RADDHO),“Moussa Kaka est en vie”. LE ministre a affirmé que le journaliste a “commis une infraction”, qu’il était “détenu” et allait “répondre devant les juridictions”.
Selon Sadibou Marong, Directeur du Bureau Afrique de Reporters Sans Frontières ( RSF) , « Cette déclaration du ministre de la Justice et des Droits humains lève le voile qui subsistait sur la disparition forcée de Moussa Kaka. En donnant une preuve de vie du journaliste, les autorités nigériennes confirment leur lien avec sa disparition depuis plus d’un mois. Elles n’ont, en revanche, partagé aucune information sur son lieu d’enfermement, ou encore le motif et le fondement de sa détention ». Il ajoute que « RSF considère que Moussa Kaka reste victime d’une disparition forcée et appelle les autorités à mettre un terme à cette situation révoltante en le libérant immédiatement. »
RSF « rappelle que l’arrestation par des agents de l’État suivie de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve constitue bel et bien une disparition forcée au sens de l’article 2 de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, que le Niger a ratifié ».
En outre selon RSF, « La disparition forcée et la détention arbitraire de Moussa Kaka engagent la responsabilité des autorités nigériennes, qui se doivent d’immédiatement y mettre un terme ».
RSF annoncé que « ce lundi 2 octobre, et à la suite de la saisine par RSF, le 28 septembre, du groupe de travail des disparitions forcées ou involontaires des Nations unies, le comité des disparitions forcées a intimé au Niger de clarifier immédiatement le sort de Moussa Kaka et le lieu où celui-ci se trouve ».
De plus, RSF rappelle que « Le 16 septembre, RSF avait également saisi la rapporteuse spéciale sur la liberté d’expression et l’accès à l’information de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, Ourveena Geereesha Topsy-Sonoo ».
L’UJPLA a quant à elle dit avoir « appris avec soulagement, par la confirmation de Reporters sans frontières (RSF) le mardi 6 octobre 2026, que notre confrère Moussa Kaka, Directeur général de la Radio Télévision Saraouniya (RTS) de Niamey, est « détenu par les autorités ». Cette confirmation met fin à trente-six jours d’incertitude sur son sort ».
Selon l’UJPLA, « Si savoir notre confrère vivant est une nouvelle rassurante, l’UJPLA s’indigne qu’il ait fallu attendre trente-six jours pour que sa détention soit reconnue officiellement. Durant ce temps, de nombreuses questions sont restées sans réponse: où était-il détenu? Par qui? Pour quels motifs ? A-t-il été présenté à un magistrat? A-t-il eu accès à un avocat et à sa famille ? »
Face à cette situation, I’UJPLA « exige que les autorités rendent publics les motifs de l’arrestation et le lieu de détention de Moussa Kaka; demande qu’il soit présenté sans délai devant un magistrat et qu’il bénéficie, pour la défense de ses droits et le suivi de son affaire, avec l’assistance de son avocat ou d’un avocat de son choix; réclame que sa famille puisse lui rendre visite ».
En outre, l’UJPLA « appelle à sa libération immédiate si aucune charge légalement fondée n’est retenue contre lui; rappelle que l’exercice du journalisme ne saurait être un motif de détention, et que nul ne peut être privé de liberté en dehors des garanties prévues par la loi ».
Pour rappel, Moussa Kaka est porté disparu depuis le 31 août 2026 après avoir quitté son bureau, dans le quartier de Kalley Est, pour rejoindre son domicile, situé dans le quartier de Lossogoungou. Il n’y est jamais arrivé et son véhicule personnel n’a pas été retrouvé. Sa famille, ses proches et le milieu de la presse nigérienne, sont depuis sans nouvelle du journaliste, jusqu’à cette sortie du ministre nigérien de la justice. Affaire à suivre.
Amadou Garé
Image: Capture d’écran TV5 Monde
