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AGRICULTURE: Menace acridienne sur le sahel

Alors le campagne agricole bat son plein au Niger et dans les autres pays du sahel, une nouvelle source d’inquiétude vient de pointer à l’horizon. Il s’agit d’une menace acridienne en provenance des pays du Maghreb. La FAO lance déjà un cri d’alerte.

Selon l’enseignant-chercheur Dr Haboubacar Maman Manzo, enseignant à l’Université Amadou Ba de Tillabery ( Ouest du Niger), la dégradation des conditions eco-botaniques dans les pays d’Afrique du Nord-ouest couplée à l’installation précoce à normale de la saison des pluies au Sahel, et le développement des cultures qui s’ensuit, en plus des conditions météorologiques favorables (direction et vitesse des vents), pourraient faire converger les criquets pèlerin au Sahel Central (Mali, Niger, Tchad).

Une menace réelle

Il explique que selon la Commission FAO de Lutte contre le Criquet pèlerin dans la Région Occidentale (CLCPRO), qui a en charge la gestion des crises acridiennes dans la Région Occidentale, une forte résurgence acridienne qui sévit actuellement dans les pays d’Afrique du Nord-ouest, peut voir ses probables répercussions dans les pays du Sahel en général et au Niger en particulier, dans les semaines à venir. D’où la question que doivent se poser les paysans et les décideurs publiques en charge des questions agricoles et de gestion des catastrophes : Comment se prépare t-on à toutes les éventualités, sachant que nos pays constituent les aires d’éclosion et d’invasion des criquets pèlerin, et qu’à défaut de trouver suffisamment de la végétation, les essaims de criquets se trouvant dans les pays du Nord-ouest, peuvent se diriger vers le Sahel au moment des phases de levée et montaison des cultures, entre juillet et septembre ?

Des mesures d’anticipation necessaires

Des mesures d’anticipation sont selon lui dès-à-présent nécessaires pour parer à toute éventualité. Ainsi selon l’enseignant chercheur, « le Ministère de tutelle et le CNLA, la direction de protection des végétaux, les Universités, l’Agrhymet et l’INRAN doivent très vite s’apprêter et activer le mécanisme d’alerte, de prévention et de lutte, en disponibilisant les produits phytosanitaires antiacridiens, en réactivation les brigades de lutte antiacridienne, les moyens roulant et les ressources nécessaires ». Car a-t-il dit, « Gouverner c’est prévoir et prendre les décisions au bon moment. Rechercher les solutions au problème c’est servir notre pays et nos communautés ».

Haboubacar Maman Manzo ajoute que la structure en charge de la surveillance et/ ou la Lutte contre le Criquet pèlerin qui est le Centre National de Lutte Antiacridienne (CNLA) doit jouer son rôle de lead en cas d’activation du Plan National d’Urgence Acridienne. « Avant toute action en cette période d’alerte, un numéro vert CNLA/DNPV/DRA/DDA doit être créé » a-t-il souligné.Des mesures immédiates doivent être prises selon lui pour faire face aux criquets et atténuer leurs dégâts.De manière pratique et utile, estime qu’ en cas de constations d’une arrivée de criquets, certains comportements doivent être adoptés : Ne pas paniquer, ne pas utiliser de pesticides seul ; Noter la date, le lieu ( avec coordonnées GPS) ; le nombre estimé de criquets, le stade (ailé/larve/adulte) ; alerter immédiatement: CNLA/DPV/DRA/DDA le plus proche ; protéger les cultures, les plantes : Couvrir les petites parcelles maraîchères, les arbustes et les arbres avec filet/moustiquaires.

Le chercheur explique qu’une femelle criquet pond 100 œufs. 1 essaim (500.000 à plus de 1000.000 d’insectes) peut manger la nourriture de 35 000 personnes/jour et dévorer 5 ha de cultures par jour.

La coordination régionale dans la lutte contre le fleau

Selon la FAO, onze pays relevant de la Commission de lutte contre le criquet pèlerin dans la région occidentale (CLCPRO) de la FAO – l’Algérie, le Burkina Faso, la Gambie, la Libye, le Mali, le Maroc, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et la Tunisie, se sont réunis en 2025 pour mettre à jour leurs plans d’urgence, coordonner les procédures opérationnelles et mobiliser les ressources financières, logistiques et humaines essentielles.Le plan d’action régional comprend le prépositionnement stratégique des stocks de pesticides à l’aide d’un système de triangulation, le déploiement précoce d’équipes de prospection et de lutte sur le terrain et l’activation de mécanismes d’intervention d’urgence, y compris la Force d’intervention régionale (FIRO).Ces efforts visent selon la FAO, à protéger les champs agricoles, les pâturages et les moyens de subsistance contre l’impact potentiellement dévastateur des infestations de criquets.

Khaled Moumène, expert de la FAO en matière de criquets, a souligné que « Chaque jour gagné en préparation est une récolte sauvée sur le terrain ».

Lutter contre l’invasion de criquets pèlerins est donc une question de sécurité alimentaire.

Amadou Garé

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