Par une lettre ouverte publiée le week-end dernier et dont l’objet est « Appel au report et à l’humanisation de l’opération de déguerpissement en zone aéroportuaire », les populations concernées ont décidé de donner de la voix. Par cet appel, elles espèrent que les autorités régionales vont reporter cette grande opérations qui concernera 26 000 personnes, à l’approche de la saison pluvieuse, et en pleine année scolaire.
Par cette lettre adressée au Gouverneur de la Région de Niamey, le Général de Division Assoumane Abdou Harouna, les habitants de la zone concernée affirment que la population a « pris connaissance, par voie de presse, de l’intention des autorités de démarrer le 31 mai 2026 une opération de déguerpissement des populations installées sur les lotissements dits illégaux dans la zone aéroportuaire ».
Tout en comprenant « les impératifs de sécurité et d’aménagement urbain », les habitants de la zone, interpellent le gouverneur sur ce qu’ils qualifient de deux points majeurs à savoir le choix du calendrier, et la situation sociale des familles concernées
Sur la question du choix du calendrier, la lettre ouverte pose une interrogation : « Pourquoi ces opérations interviennent-elles systématiquement à l’approche ou en pleine saison des pluies ? ».
L’auteur de la lettre ouverte explique au nom des populations que le 31 mai marque le début de l’hivernage à Niamey. Selon lui, « déguerpir des familles à cette période, c’est les exposer aux intempéries, aux maladies, et à une détresse extrême. Beaucoup d’enfants, de femmes et de personnes âgées se retrouveront sans toit alors que les premières pluies tombent ».
Sur la situation sociale des familles concernées, la lettre ouverte souligne que « la majorité de ces citoyens n’occupent pas ces espaces par choix, mais par nécessité. Beaucoup n’ont pas les moyens de construire une maison en dur, ni même de louer ailleurs. Où iront-ils du jour au lendemain ? Ont-ils été recensés ? Un plan de relogement ou d’accompagnement est-il prévu ?»
Face à cette situation, les habitants visés par le déguerpissement à venir, demandent au gouverneur « de reporter cette opération après la saison des pluies, par humanité ; d’ouvrir un vrai dialogue avec les chefs de quartiers et les familles pour trouver des solutions durables et dignes ; de rendre public le plan d’accompagnement social prévu pour ces populations vulnérables. »
Tout en reconnaissant que la sécurité de l’aéroport est importante, les habitants appellent les autorités régionales au respect de la dignité humaine.
Selon les autorités régionales de Niamey, ‘’Ces lotissements illégaux occupent 19% de l’espace objet du titre foncier 784, d’où la nécessité, au vu surtout de l’évolution de la situation sécuritaire, de procéder à ce déguerpissement’’.
Notons que les secteurs concernés sont : MUTRAM (92,79 ha) ; Alpha Jadi : (60,02 ha) ; Extension Alpha Jadi (24,35 ha) ; et Extension Kobantafa ( 92,99 ha), tous situés dans la commune 4 de la région de Niamey. Affaire à suivre.
Amadou Garé
Photo: ANP (Agence nigérienne de Presse)
