Dans son dernier bulletin rendu publique cette semaine, le centre opérationnel de veille d’alerte et de conduite des crises (COVACC) sonne l’alerte sur de possibles risques de perte de cheptel au cours de la saison des pluies qui s’annonce. Une catastrophe qui si des mesures ne sont pas prises, pourrait affecter durablement un cheptel déjà mis à mal par les groupes armées et le grand banditisme.
Le communiqué explique que « En prélude à la saison des pluies, le Centre Opérationnel de Veille, d’Alerte et de Conduite de Crises (COVACC) alerte la population, plus particulièrement les éleveurs, sur les risques de perte de cheptel ».
Sur la base des prévisions météorologiques émises par la Direction Nationale de la Météorologie sur une saison de pluie normale à tendance excédentaire sur la bande agro-pastorale du pays avec des quantités de pluies globalement équivalentes aux cumuls moyens de la période 1991-2020, le COVACC rappelle que « chaque année, les premières pluies sont accompagnées de vents violents, qui entraînent des pertes de bétail sous-alimenté exposés aux intempéries ». De plus selon le COVACC, « Ces vents occasionnent aussi des dégâts sur les infrastructures en emportant des toitures mal fixées et en causant des effondrements ».
Face à ces perspectives alarmantes, le COVACC conseille à la population de «Rester à l’écoute des informations d’état de vigilance météo ; rester à l’écoute des messages d’alerte du COVACC ; protéger les infrastructures essentielles, mettre le bétail à l’abri des vents violents…».
Le COVACC suggère des mesures préventives à l’endoit de la population, à savoir : éviter de conduire le bétail dans les koris et autres cours d’eau asséchés ; éviter d’utiliser les zones de passage d’eau de ruissellement comme cheminement ; et alerter les autorités en cas d’incident ou de perte de cheptel.
De l’avis de certains spécialistes, le Cheptel nigérien durement frappé par les actions de vols de bétail par les groupes armées non étatiques, risque de subir un coup durable si des mesures de précautions ne sont pas prises par les populations qui pratiquent l’élevage au Niger.
Il est à noter que le COVACC a été créé par la loi N°2017-006 du 31 mars 2017 déterminant les principes fondamentaux de l’organisation de la protection civile. Ses missions, son organisation et son fonctionnement sont déterminés par l’arrêté n° 00607/MISP/D/ACR du 1er septembre 2017, modifié par l’arrêté n°00970/MISP/AT/SG/COVACC du 08 novembre 2023 portant organisation, fonctionnement, missions du Centre Opérationnel de Veille d’Alerte et de Conduite de Crise et fixant les attributions de ses responsables.
Le COVACC a pour missions d’assurer la permanence de l’analyse des risques majeurs identifiés sur le territoire national, qu’ils soient intentionnels ou accidentels ; d’Informer en permanence le Ministre chargé de la Protection Civile ainsi que les autres ministres concernés ; d’anticiper, de réagir et de suivre l’évolution des évènements susceptibles d’affecter durablement la vie collective, en mesure si nécessaire, d’engager ou d’anticiper l’envoi de renforts significatifs dans une ou plusieurs régions touchées.
Amadou Garé
Photo: IRD
