La région d’Agadez ( Nord du Niger) abrite depuis hier 19 juillet 2026, un Atelier régional de partage et de validation du Plan intercommunal de gestion intégrée du paysage des écosystèmes oasiens et forêts des vallées arides du massif de l’Aïr. Les participants sont appelés à examiner le projet du plan intercommunal, à formuler des avis et suggestions constructifs pour le rendre techniquement efficace, et enfin tracer une feuille de route claire et réaliste pour la concrétisation des actions retenues.
Le Secrétaire Général du Gouvernorat d’Agadez, Seydou Boulhassane, a rappelé que « la région d’Agadez se caractérise par des écosystèmes d’une richesse exceptionnelle mais d’une grande fragilité. En effet, les oasis, les vallées arides et les zones montagneuses du massif de l’Aïr constituent un patrimoine naturel inestimable. Ils fournissent des biens et services écosystémiques essentiels au bien-être de nos populations, notamment : ressources en eau, pâturages, produits forestiers et terres agricoles ».

Une situation exceptionnelle qui fait cependant ressortir des défis auxquels l’atelier doit trouver des solutions. « Nous faisons face à des défis majeurs tels que l’absence d’un cadre fondamental de gestion durable, l’inadéquation de certaines pratiques de gestion des ressources naturelles, l’expansion agricole non planifiée et l’exploitation anarchique des forêts de nos vallées, qui menacent gravement la biodiversité et la productivité de ces espaces », a-t-il notamment indiqué.
Ce sont ces defis qui ont consuit seoon lui à l’élaboration du plan objet de l’atelier qui regroupe les six (6) communes de la région d’Agadez à savoir Dabaga, Gougaram, Iférouane, Tabelot, Tchirozérine et Timia.
Il a en outre rappelé que le Décret N°2022-294/PRN/ME/LCD du 7 avril 2022 qui fixe les modalités de gestion des terres oasienne, en son article 9, fait obligation aux Collectivités Territoriales d’élaborer et d’intégrer dans leur planification un Programme de Gestion Intégrée des Écosystèmes Oasiens.

Il faut savoir que Les oasis de l’Aïr sont des îlots de vie dans le désert qui se développent principalement autour des sources, des nappes souterraines et des koris (cours d’eau temporaires). Elles permettent l’agriculture irriguée et concentrent une biodiversité beaucoup plus importante que les espaces désertiques environnants.
On trouve dans cet espace, des palmiers dattiers ; des fruitiers comme les grenadiers, figuiers et agrumes dans certaines zones ; des cultures maraîchères et céréalières ; des plantes spontanées adaptées à la sécheresse.
Les oasis constituent également des espaces essentiels pour les populations touarègues et autres communautés locales, qui y pratiquent l’agriculture, l’élevage et le commerce.

Les vallées de l’Aïr, notamment celles parcourues par les koris, abritent quant à elles des formations végétales particulières. Malgré l’aridité générale, l’eau qui s’accumule temporairement dans les lits des vallées permet le développement d’une végétation ligneuse. On y trouve des acacias, balanites, tamaris et doumiers, ainsi que différentes espèces arbustives et herbacées. Ces formations constituent de véritables corridors écologiques dans le paysage désertique.
Amadou Garé
